L'origine
des cartes à jouer:
La
tradition voudrait que les cartes soient nées en France
en 1392. En effet, si on cite le père Claude
François Menestrier (1631-1705): "Cette
année 1392 fut l'année malheureuse en laquelle
le roi Charles VI tomba en frénésie, et ce fut pour
le divertir durant cette maladie que l'on inventa le jeu
de cartes". Mais en mettant le chauvinisme à
part, l'hypothèse la plus vraisemblable historiquement
parlant, serait d'une origine orientale du jeu de cartes.
Les Chinois forts inventifs auraient d'abord transformés
jeu de dés et créer les dominos, et, plus tard les
dominos furent imprimés sur du carton, donnant ainsi des
cartes avec des valeurs de points. Tout naturellement, les figures
des cartes s'y ajoutèrent par similitude avec les
papiers-monnaies déjà en usage en Chine. Il semblerait
que la date la plus ancienne mentionnant les cartes à jouer
est le Xème siècle. Bien que l'on n'est pu retrouver
que des cartes du XVème siècle. L'introduction des
cartes en Occident est attribuée aux voyages qu'ont
faits des Italiens, comme Marco Polo,
en Orient. L'Italie aurait emprunté à l'Asie
non pas la forme des cartes, mais l'idée d'utiliser
des séries d'images pour un divertissement nouveau.
En 1397, le prévôt de Paris constatait que "plusieurs
gens de métier et autre du petit peuple quittent leur ouvrage
et leurs familles pendant les jours ouvrables, pour aller jouer
à la paume, à la boule, aux dés, aux cartes",
et faisait "défenses aux personnes de cette condition
de jouer pendant les jours ouvrables". Sur les premières
cartes ne figuraient pas les symboles d'aujourd'hui comme le cœur,
le carreau, le pique et le trèfle, mais des bâtons,
des deniers, des coupes et des épées, qui subsistent
d'ailleurs sur certains jeux dits "espagnols", encore
utilisés en Italie, en Espagne et dans le sud-ouest de
la France. Les cartes allemandes, elles, comportaient des séries
représentant des cœurs, des grelots, des feuilles
et des glands. En France, piques, cœurs, carreaux et trèfles
ne s'imposèrent vers la fin du XV ème siècle
et furent exportés en Angleterre, où, pourtant,
les trèfles et les piques sont désignés par
les mots clubs et spades, rappelant les bâtons et les épées.
Une hypothèse ingénieuse du symbolisme des figures
a été exposée par le père Menestrier
: "La composition de notre jeu de cartes, de rois, de
dames, de valets, d'as, avec des images de cœurs, de
piques, de trèfles et de carreaux, fait voir que l'on
voulut que ce jeu fût instructif, en même temps qu'il
servirait au divertissement, avec cette différence des
échecs que, ce jeu-là étant une image de
guerre et d'un combat, on voulut que celui-ci représentât
un état paisible et l'Etat politique composé
de rois, de reines, de vassaux et de quatre corps, les ecclésiastiques
représentés par les cœurs, parce que les ecclésiastiques
sont gens de chœur, la noblesse militaire par les piques,
qui sont les armes des officiers, les bourgeois par les carreaux,
qui sont le pavé de leurs maisons, et les gens de la campagne
par les trèfles".
Jusqu'à
la Révolution, l'histoire des cartes à jouer
ne sera marquée que par l'alternative des instaurations
et des suppressions continuelles de l'impôt sur les
cartes, perçu par les fermiers. Après la Révolution,
la régie est supprimée, ce qui favorisera le développement
des jeux de cartes . Sur celles-ci, on a gommé toute trace
de couronnes, de sceptres, de lys, etc… , mais les cartiers
ne savent plus quoi poser sur la tête des rois déchus
; les valets prennent le nom de cultivateurs. On peut affirmer
cette fois que les cartes ont voulu, en l'idéalisant,
reproduire la structure d'une société nouvelle.
Mais, en 1813, rois, reines et valets reviennent, réclamés
surtout par les joueurs, attachés à leurs cartes.
En 1827, l'Administration décide l'adoption
du portrait à deux têtes réversible. Ce n'est
que le 31 décembre 1945 que la régie des cartes
à jouer a été supprimée.
Les
figures des cartes à jouer:
Alors
que les hypothèses sur le symbole des couleurs s'appuyaient
parfois sur quelques rigoureuses recherches, la signification
des noms des personnages a surtout suscité beaucoup d'imagination.
Le
père Menestrier a vu dans les
quatre patronymes royaux la représentation des grandes
monarchies: juive, grecque, romaine, française.
En
ce qui concerne les quatre dames, on a cherché parfois
des symboles comme les quatre raisons qui font régner la
femme : la piété, la beauté, la naissance
et la sagesse.
Derrière les figures des cartes, on a cherché des
significations cachées. Par exemple sous le nom d'Argine,
se cacherait l'anagramme de Regina, et la reine en question
serait Marie d'Anjou, femme
de Charles VII. Rachel serait Agnès
Sorel, Pallas serait Jeanne d'Arc,
et Judith serait Isabeau de Bavière.
Mais les noms des figures ont beaucoup varié, et ce n'est
qu'au début du XVIIIème siècle qu'ils
furent imposés avec le portrait de Pâris; il est
donc difficile de donner crédit à toutes ces hypothèses.
Les
cartes et la divination:
Les
cartes ont depuis leurs origines servies de supports aux devins,
voyants et diseurs de bonne aventure en tout genre. Utilisant
des jeux courants ou des jeux spécifiques comme le tarot
d' Epinal qui a été fabriqué dès 1830
par l'imagerie PELLERIN dans les Vosges. Destiné
à l'usage des cartomanciens, chacune des 78 lames (cartes)
de ce jeu est censé avoir une signification symbolique
particulière permettant de prédire l'avenir ou de
lire dans le passé.
Les tarots étaient à l'origine gravés dans
des tablettes d'argile et ils sont très antérieurs
quant à leur utilisation aux cartes traditionnelles, puisqu'ils
ont connus diverses formes de l'argile à la plaque en métal
ou en bois d'ou le nom de lames.
Les
tarots de divination sont composés de 22 arcanes majeurs
et de 56 arcanes mineurs. Les arcanes mineurs sont regroupés
en 4 groupes de 14 cartes :
- Le groupe des Coupes
- Le groupe des Bâtons
- Le groupe des Epées
- Le groupe des Deniers